Fruits et légumes : prouver ce que l’on promet

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Par Nicolas Philizor  •  Fondateur d’EmpCo

Étals de fruits et légumes. Photo : Ashley Winkler, Unsplash (licence Unsplash).

Les fruits et légumes sont l’un des rayons où l’on parle le plus d’environnement : bio, HVE, « zéro résidu de pesticides », « sans plastique », « responsable », « durable ». Depuis l’application des nouvelles règles européennes sur les allégations environnementales, prévue à partir du 27 septembre 2026, chaque mention de ce type doit s’appuyer sur une preuve claire et un périmètre précis.

Des pistes d’amélioration concrètes pour la filière, à destination des exposants et des visiteurs de medFEL. Un constat simple : producteurs, stations, metteurs en marché et distributeurs sont déjà en mouvement, face au climat, aux bioagresseurs et aux attentes des consommateurs. Les allégations doivent suivre ce rythme.

Oui, des pistes d’amélioration propres aux fruits et légumes existent. Presque toujours, deux questions reviennent : de quoi parle-t-on exactement (le périmètre) et comment le prouver (la preuve).

La directive (UE) 2024/825, publiée sur EUR-Lex, modifie les règles européennes sur les pratiques commerciales déloyales. Les États membres devaient la transposer avant le 27 mars 2026, pour une application à partir du 27 septembre 2026. En France, la transposition n’est pas confirmée officiellement à ce jour : les États membres doivent appliquer ces règles, et le calendrier national dépend de chaque pays.

EmpCo aide à repérer et préparer la revue des allégations. Il ne remplace pas un conseil juridique.

Plus les pratiques évoluent, plus les mentions doivent être mises à jour. Trois sujets, inscrits aux programmes des rencontres de la filière, le montrent bien.

Le cuivre sous surveillance

Des solutions à base de cuivre sont aujourd’hui utilisées en arboriculture, notamment en agriculture biologique. La possibilité d’une interdiction du cuivre pour les fruits, la poire par exemple, est un risque que la filière suit de près. Pour les producteurs concernés : chercher des alternatives, adapter les itinéraires techniques et revoir ce qu’ils peuvent déclarer sur leurs pratiques. Une allégation qui reposait sur un moyen de protection doit alors être réévaluée, d’où l’intérêt d’un registre tenu à jour.

Bioagresseurs émergents : variétés résistantes

ToBRFV (virus du fruit rugueux brun de la tomate) et ToLCNDV (virus de l’enroulement foliaire de la tomate de New Delhi, qui touche notamment les cucurbitacées) ont conduit la recherche et les stations à développer de nouvelles variétés résistantes. Reste à préserver leur durabilité dans le temps : vigilance collective, suivi et preuves de terrain. Une mention « variété résistante » gagne à préciser contre quoi et dans quelles conditions.

Neopestalotiopsis sur fraise

Ce champignon, également inscrit au programme des rencontres de la filière, illustre la même logique : comprendre l’émergence d’un bioagresseur, tester de nouvelles variétés et adapter les pratiques, saison après saison. Les producteurs de fraises avancent ainsi sur un terrain qui évolue vite, et leurs mentions doivent évoluer avec lui.

Ces sujets ont un point commun : des femmes et des hommes qui innovent, testent de nouvelles variétés, de nouvelles techniques et de nouveaux outils numériques, et qui s’adaptent chaque saison. On ne peut que saluer leur courage.

La filière fruits et légumes n’a pas attendu les règles européennes pour avancer : elle s’adapte aux bioagresseurs, aux contraintes sur les produits de protection, au climat et aux nouvelles technologies. Des allégations précises, prouvées et mises à jour sont la meilleure façon de rendre visible ce travail. Bravo à toutes celles et tous ceux qui le portent chaque jour, sur le terrain comme dans les stations et les entreprises.

EmpCo aide à repérer et préparer la revue des allégations. Il ne remplace pas un conseil juridique.

Sources : directive (UE) 2024/825 (EUR-Lex) ; The Shift Project, communiqué sur le rapport final « Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère ».